Immortels Tome 3 La Guerre – Cate Tiernan

Immortels
Tome 3 La Guerre

Cate Tiernan

immortel tome 3 cate tiernanNasty, immortelle, rebelle de service et fêtarde invétérée, vous vous rappelez ? Il y a cinq mois, j’ai voulu me remettre dans le droit chemin. Mais à 459 ans et avec l’héritage de magie noire que je me traîne, je me demande si j’en suis seulement capable…
Après son terrible combat contre Innocencio, Nasty est de retour à River’s Edge. La voilà décidée à repartir sur de nouvelles bases et à faire la paix avec son passé. En commençant par Reyn. Reyn, son ancien ennemi de toujours, aussi attirant qu’imprévisible. Le temps est venu d’enterrer la hache de guerre et de laisser libre cours au désir fou qui les unit. Mais l’idylle sera de courte durée…

OOO Souvenez-vous, à la fin du second tome, Nastasya avait échappé de peu à son ancien meilleur ami Innociencio. River, Reyn et autre autre professeur était venu à sa rescousse, juste à temps pour la voir déferler son pouvoir et s’en sortir toute seule. Finalement déjà bien changée, l’héroïne décide de ne pas le tuer. Il sera donc envoyé chez « Tante Louisette » aux cotés de Nell.

OOO J’ai bien failli de pas lire ce troisième tome. En effet, même si le deuxième comportait un peu plus d’action, j’ai été très tenté d’abandonner cette série. J’ai lu un autre ouvrage et après celui-ci je me suis aperçu que l’univers d’Immortels ne me manquait pas, ni ne m’attirait.
Mais bon, curiosité ou devoir envers mes lecteurs, j’ai quand même tenté l’aventure… dont j’ai été vite déçue. Ce troisième tome porte très mal son sous-titre, ce n’est pas une guerre c’est une malheureuse bataille finale.
OOO Ce troisième volet de la trilogie n’est qu’une copie des deux premiers : 10% d’action pour 90% de réflexion. On a de nouveau droit à « la pauvre Nastasya » qui flippe de voir qu’elle devient meilleure et se sent mieux, qui se sent mal dès qu’elle reçoit des compliments… Bref, comme on a déjà lu tout ça dans, non pas un, mais les deux premiers tomes, on est vite lassé.
Malgré cela, la lecture n’est pas pour autant désagréable. On est pris au piège de fluidité du style d’écriture qui nous amène jusqu’à la fin.
OOO Le schéma de l’histoire est aussi décevant que les deux premiers tomes : trente ans de réflexion et de peur de l’ennemi, une grosse bataille à la fin avec un ennemis sorti cette fois de nulle part et dont on n’a jamais entendu parler.
Petite nouveauté : les frères de River se point un à un pour accuser Nastasya de sa malfaisance et de tous les malheurs du monde. Puis, l’auteure tente d’amener un suspens qui ne prend pas, et enfin arrive la bataille finale.
Quant à Reyn, Nastasya mène une lutte puérile contre elle-même et ne veut pas s’avouer son amour pour lui que tous deux brûlent pourtant de consommer. Au final, les personnages que j’ai préférés sont les secondaires : Reyn, Dray et Meriwehter.
OOO Voilà, chers lecteurs, cette fois c’est une déception. Cate Tiernan n’a pas réussi à se renouveler et la trilogie n’est finalement pas si intéressante que ça.

Fiche Livraddict
logo_livraddictEditions : Hachette
Prix : 15€

Chronique T1 : Immortels, La Fuite – Cate Tiernan

Chronique T2 : Immortels, La Traque – Cate Tiernan

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Immortels, Tome 2 La Traque – Cate Tiernan

Immortels

Tome 2 La Traque
Cate Tiernan

immortels, tome 2 la traque, cate tiernanNasty : c’est moi. La sympathique immortelle de base. Sauf que je n’ai rien de sympa. Et qu’être immortelle n’a rien d’une partie de plaisir !

Voilà deux mois que Nasty s’est réfugiée à River’s Edge.
Pour y faire quoi ?
Mettre fin à une existence de débauche et de bêtise.
Et contre toute attente… elle semble prendre goût au régime « tout le monde est beau, tout le monde est gentil » des lieux.
Tout le monde… Sauf Reyn.
Reyn que Nasty désire autant qu’elle le hait.
Malgré ses bonnes résolutions, Nasty est rattrapée par sa noirceur naturelle, cette magie maléfique qui la ramène vers les pires années de sa vie.
Et vers Incy qu’elle avait pourtant fui…

OOO Souvenez-vous à la fin du premier tome, Nell la folle à lier, était démasquée et envoyée de force chez la tante Louisette afin d’être soignée. Reyn avait dévoilé son désir à Nastasya qui avait apprécié autant que détesté.
OOO Le second tome commence immédiatement après la fin du premier, aucune ellipse temporelle. Nous retrouvons Nasty et Reyn toujours aux prises avec leurs désirs incompatibles.
Celle-ci refuse toujours de reconsidérer le passé de Reyn ; en revanche elle se surprend à apprécier son quotidien, bien moins angoissant depuis que Nell est partie.
Au cours d’une cérémonie particulière Nastasya est amenée à relâcher ce qu’elle appelle « sa noirceur ». Et c’est là que les ennuis recommencent… ce qui va amener Nas à faire de terribles erreurs, évidemment.
OOO À la moitié du roman, un changement de situation intervient et les choses commencent enfin à bouger. Nastasya se découvre du courage.
Au niveau des personnages secondaires, les choses évoluent aussi petit à petit. Le problème de Meriwether s’aggrave, River s’implique plus et se dévoile à Nas, la sœur d’Amy fait son apparition…
OOO Le roman est construit comme le premier, avec un poil plus d’action. Nastasya se débat avec elle-même et fait toujours face à ses souvenirs, ses réflexions sont donc entrecoupées de flash-back.
La fin du roman amène à se demander ce qui va bien pouvoir se passer dans le dernier tome.
OOO Voilà, la chronique est assez courte pour une fois, mais comme il se passe peu de choses et que j’ai déjà décrit comment se passe les choses dans la tête de Nastasya dans la chronique du premier tome, je n’ai plus grand-chose à ajouter, si ce n’est que j’ai bien aimé et que j’ai été aussi accrochée qu’au premier tome malgré la lenteur de l’intrigue.

Fiche Livraddict :
logo_livraddictEditions : Hachette
Prix : 17€

Chronique T1 : Immortels, La Fuite – Cate Tiernan

Chronique T3 : Immortels, La Guerre – Cate Tiernan

Immortels, T1 La Fuite – Cate Tiernan

Immortels

T1 La Fuite
Cate Tiernan

Immortels T1 La Fuite Cate TiernanLA NUIT DERNIÈRE, tout mon univers s’est écroulé. J’ai dû mettre les voiles. DISPARAÎTRE. Incy est allé trop loin. Lui, mon meilleur ami, celui avec qui j’ai fait les quatre cents coups. D’habitude, je ne donne pas dans le sentiment.
Mais cette fois, c’est différent.
Il n’y avait pas le droit d’agresser ce type sans raison. Et surtout, jamais il n’aurait dû voir cette MARQUE dans mon cou, que je cache depuis des siècles. Parce-que j’ai oublié de vous dire : J’AI 459 ANS.
Voilà comment je me retrouve à River’s Edge.
Vous imaginez, moi, dans un centre de redressement pour immortels qui veulent filer droit ? Passer mes journées à avoir des pensées positives et une alimentation équilibrée… très peu pour moi.
Pourtant, JE DOIS RESTER. Je le sens.
Ce type, Reyn, je l’ai déjà CROISÉ QUELQUE PART, j’en suis sûre.
MAIS OÙ ET QUAND ?

J’ai failli passer à coté de ce roman : je trouvais la couverture moche et le résumé pas très ragoutant : les histoires de prison très peu pour moi. Mais bon ce livre a eu du bol : je n’avais plus grand chose à lire et comme il se trouvait chez Easy Cache il était très peu cher, alors je me suis dis « pourquoi pas, on verra bien ». Et ben dis donc j’ai bien fait ! Aucune prison en vu en plus ! Mdr

OOO Un soir, ou plutôt un matin après un tragique événement, Nastasya se rend compte que sa vie est celle d’une dépravée sans cervelle, et ce depuis trop longtemps ; si longtemps qu’elle est à un fil de perdre sa faculté de discernement.
La conscience brusquement alarmée, l’héroïne fuit aussi vite que professionnellement. Et oui, vous vous doutez bien qu’une immortelle, qui plus ait de 459 ans, sait changer d’identité comme de veste. Nastasya part donc à la recherche de River, une femme qui lui avait proposé son aide il y a bien longtemps. Elle la trouve dans une ferme isolée dans les bois, accompagnée d’une quinzaine d’autres immortels.
Elle comprend que sa maison accueil les âmes perdues comme elle, qui ne trouvent plus de sens à leur vie sans fin. Et bon an mal an, Nastasya décidera tout de même de rester dans ce lieu qu’elle ne finira jamais de décrier… dans sa tête !
OOO En effet, Nastasya est une héroïne très attachante, qui fait tout sans discuter mais râle intérieurement sans arrêt ! Elle a peur d’elle-même et peur de tout faire foirer constamment, puisque c’est ce qui lui ait toujours arrivé par le passé. Elle se comporte en ratée pour éviter de décevoir mais c’est elle qui se déçoit le plus et c’est pour ça qu’elle en arrive à rester chez River. Elle est totalement perdue. Au point d’avoir failli ne pas distinguer le bien du mal.
Sa verve intérieure est donc distrayante un temps, mais elle réfléchit aussi énormément a apprend à accepter son passé ; surtout celui qu’elle refoule depuis des siècles.
Elle se comporte en ado par moment et m’a fait pouffer de rire à trois reprises : dans ce monde bien trop calme et ordonné à son goût, elle craque et ajoute son grain de sel… c’est vraiment très drôle et dans mon cas c’est très rare qu’un livre me fasse rire à haute voix alors j’ai tout simplement adoré ; j’ai relu le passage au moins trois fois.

OOO Le roman comporte donc peu d’action, mais beaucoup de réflexions. Mais on ne s’ennuie pas du tout comme on pourrait le croire et c’est ce qui montre le talent de l’auteure : zéro action, mais zéro ennuis, moi je dis : chapeau bas l’artiste.
L’histoire n’est pas centrée sur l’homme que Nastasya a cru reconnaître comme le sous-entend le résumé, mais sur le personnage principal qui s’échine à sortir la tête de l’eau. Il en va de même pour le « centre de redressement » : on s’imagine tout de suite une prison mais il n’en n’est rien, vous avez là un parfait exemple de l’esprit râleur de Nastasya.
OOO Les autres personnages sont intéressants : Reyn le « Dieu Viking » proclamé fantasme vivant de Nastasya qui le déteste autant qu’elle le désir, River encre de bonté, et Meriwether et Dray, les deux ados que Nastasya fréquente au travail. On aperçoit peu les autres pensionnaires puisque Nastasya leur parle le moins possible, trop occupée avec elle-même.

OOO Tout au long du roman, on sent tout de même le danger poindre. Son vieil ami Innocencio ne la lâchera pas si facilement. Ça plus le fait que quelqu’un semble vouloir du mal à l’intérieur même de la ferme… La pauvre Nastasya a tellement à faire avec elle-même qu’elle se retrouve débordée de préoccupations angoissantes : le Dieu Viking, son travail et les deux ados, Innocencio, son passé, la magie, les choses bizarres…
Bref toutes les préoccupations s’alternent ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais.

OOO La fin est relativement calme : quelques événements viennent la ponctuer.
En bref c’est un premier tome très intéressant, on espère donc un décollage au deuxième tome.

Fiche Livraddict :
logo_livraddictEditions : Editions de Noyelles
Prix : 13€15

 

Chronique T2 : Immortels, La Traque – Cate Tiernan

Chronique T3 : Immortels, La Guerre – Cate Tiernan

Enael, T1 L’Appât – Helen Falconer

Enael

T1 L’Appât

Helen Falconer

enael, tome 1 l'appât, helen falconerEnael est différente.

Des visions l’obsèdent et elle développe de mystérieux pouvoirs. Quand elle apprend qu’elle est en réalité la fille d’une fée, elle décide de partir à la recherche de ses origines dans le pays de l’éternelle jeunesse. Commence alors pour elle un étrange voyage au pays des elfes et des maléfices où l’amour semble être le plus attirant des poisons…

« L’eau était gelée. Les aubépines qui flottaient à la surface embaumaient : une odeur sucrée qui montait à la tête. Ses longs cheveux s’étalaient autour d’elle comme une auréole d’or. Elle avança vers le centre du lac, et l’eau glacée se referma sur elle…»

OOO Enael est une adolescente au quotidien très ordinaire. Elle va au collège et passe son temps à parler de garçon avec sa meilleure amie Carla. Mais ses habitudes se trouvent assez rapidement perturbées par une étrange apparition.
Alors qu’elle se rendait au cinéma avec tout un groupe de camarades pour l’anniversaire de la peste de la classe, elle aperçoit au loin une enfant courir dans la lande. Affolée, Enael fait arrêter le bus et cours à sa poursuite, jusqu’à partir loin dans les bois et même jusqu’à plonger dans un trou d’eau.
Rattrapée sa meilleure amie et Shay, le mystérieux solitaire, ils reviennent tous trois la mine coupable et les vêtements en loques. C’est à ce moment que les choses deviennent de plus en plus étranges pour Enael.
D’abors, elle ne peut pas s’empêcher de s’inquiéter pour cette enfant aperçue dans la lande, puis des choses inexpliquées se produisent dont elle semble être la cause malgré elle. L’accumulation finie par avoir raison d’elle, et Enael se met à chercher la vérité sur son identité et son enfance.
OOO Au tiers du roman, l’adolescente apprend enfin la vérité : elle est une fée, échangée avec la véritable enfant de ses parents. Sans prendre le temps de réfléchir une minute de plus, Enael prend la fuite. Elle rejoint Shay et l’entraine irrémédiablement dans son voyage mouvementé vers le monde des fées. Sans avoir aucune indications, ni aucune idée de ce qu’elle fait, Enael fonce comme un boulet de canon à la rencontre de son monde d’origine. Elle prend des risques inconsidérés et manque de les tuer tous les deux à plusieurs reprises.
Et quand enfin ils arrivent dans cet eldorado plein d’arc-en-ciel… ils découvrent un monde pas si enchanté que ce que l’on croit. Un monde où les dangers viennent des bêtes dont on s’y attend le moins lorsqu’on a passé sa vie chez les humains, un monde dangereux où la mort frappe.

OOO Helen Falconer nous livre là un petit bijou. Parfait pour une première immersion dans le fantastique mais aussi très plaisant pour un lecteur à la recherche d’originalité.
Elle dépeint avec justesse le quotidien banal d’une adolescente, à grand coup de texto abrégé, si bien qu’en tant qu’adulte on arrive assez facilement à s’y replonger (tout en gardant une certaine distance).
Les personnages sont bien imaginés et tous assez différents les uns des autres. Enael est volcanique comme Shay est mesurée, tandis que Caitlin est stressée et stressante comme Ultan est calme et bonne patte. Tous sont intéressants, l’histoire de Shay est particulièrement aussi intrigante qu’elle se révèle intéressante.
OOO On trouve tout de même quelques petits bémols dans l’écriture, mais qui bien heureusement ne gêne pas la lecture et ne fait pas décrocher le lecteur.
En effet par moment, l’action est tellement pressante que les mouvements sont mal ou trop peu décrits, ce qui fait qu’on a parfois du mal à s’y retrouver. Il y a aussi des passages où la transition d’un moment à un autre n’est pas assez marquée et on ne comprend pas immédiatement qu’il y a eu une ellipse temporelle par exemple. En cherchant la petite bête j’ai repéré une prise de parole amenée maladroitement et une mauvaise formulation avec une répétition. Mais ce ne sont que de menu détails qui, je le répète, ne gênent que très peu la lecture. L’histoire est tellement prenante qu’on passe vite à autre chose, on veut trop connaître la suite, car le roman a un bon rythme : à chaque tiers, tout s’accélère, que cela soit au niveau des révélations sur le fonctionnement du monde des fées ou au niveau des personnages, ou enfin de l’action.

OOO L’auteure puise énormément dans les légendes irlandaises, et paradoxalement ce sont ces vieilles légendes qui redonnent un coup de jeune au style fantastique présent dans nos rayons aujourd’hui car elles font l’originalité de l’histoire. En effet, entre ces pages, vous trouverez votre initiation aux légendes qui ont réellement existé en Irlande. Quoi de mieux qu’un fond de réalité pour ferrer notre esprit si apte à croire ? Dans ce livre, on parle de changeling, de lenanshee, de sheog… Ces créatures qui étaient monnaie courante dans les conversations d’une époque, et qui sont aujourd’hui oubliées de la nôtre, sont là, entre ces pages, et elles n’attendent que vous. Elles continuent d’exister et de peupler l’imaginaire grâce à Helen Falconer qui nous fait redécouvrir ces êtres autrefois si connus.

OOO Enfin, en ce qui concerne la fin de ce premier tome : j’ai été très heureuse de lire une fin ouverte avec un suspens soutenable, et non pas un douloureux cliffhanger ; bien qu’ils soient appréciables, cela fait du bien de terminer un roman sur une note plus calme que d’habitude.
En résumé c’est un bon roman fantastique qui peut plaire aux petits comme aux grands. N’hésitez pas à vous jeter sur ce petit bonbon au goût arc-en-ciel. L’intérieur est aussi beau que l’extérieur, vous pouvez vous fiez à cette magnifique couverture.

Fiche Livraddict :
logo_livraddictEditions : Flammarion Jeunesse
Prix : 14€

Interview Jean-Michel Payet, à propos de Aerkaos

Aerkaos

La trilogie de Jean-Michel Payet412dy6+dxqL._SL500_AA300_

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, voici le résumé :

Les livres ont une puissance insoupçonnable. C’est ce que n’aurait jamais dû découvrir Oonaa, jeune vestale recluse dans la Citadelle de Maahsandor. Rien n’était censé venir bouleverser l’existence de la jeune fille, soumise aux règles de l’Ordre vunique. Pourtant, dès lors qu’elle entre en contact avec un groupe de dissidents, Oonaa n’hésite pas à se mettre en péril. Elle apprend à discuter tes vérités qu’on lui a enseignées, à expérimenter le doute, la trahison. Elle comprend aussi que les livres sont des passerelles entre les hommes et, plus étonnant encore, entre les mondes… … Telle est l’histoire dont Ferdinand lit le récit dans un intrigant manuscrit trouvé chez son oncle. A sa grande stupéfaction, la fiction rattrape bientôt la réalité : son chemin et celui de Oonna vont inexorablement se croiser…

Où avez-vous puisé votre inspiration pour écrire Aerkaos? Quel message avez-vous voulu faire passer à travers Oonaa, Fernand et tout votre roman?

Ærkaos est tout d’abord une histoire banale, la plus banale qui soit : la rencontre entre un garçon et une fille ; et comme souvent, il y a des obstacles, j’ai voulu que ceux-ci soient exceptionnels : ils ne vivent pas dans le même monde. Il fallait donc qu’ils se rencontrent. Comment ? Pourquoi deux mondes peuvent-ils être en relation ? Comment ? À partir de ce principe simple toute une série d’éléments de l’histoire se sont mis en place autant par logique, par réflexion, que en me laissant aller spontanément à la création de personnages qui m’apparaissaient sous la plume. Enfin, sous le clavier. Evidemment, l’inspiration est nourrie de mille références, de tout ce que les uns et les autres nous engrangeons plus ou moins consciemment, des paysages, des rencontres, des films, des livres… Un message ? Non. Ou alors plusieurs, et pas vraiment conscients. Un auteur, je ne sais plus lequel, disait en substance : “J’écris pour savoir pourquoi j’écris”. Je suis le premier spectateur de mon histoire. Je vois des éléments se mettre en place que je n’ai pas maîtrisés, et je réagis ou mes personnages réagissent dans des situations de telle façon que je découvre leur engagement, qui doit, parfois, être le mien. Pour le principe des différents mondes, j’ignore si l’on peut parler de message, et même de théorie, plutôt de réflexion, de point de vue proposé à chacun.

D’où vous est venu le mot « Aerkaos »?

Purement phonétique. Je cherchais un mot, un son plutôt, qui n’existe pas, rugueux et doux. Évocateur ou plutôt qui entre en résonance avec l’idée que je me faisais du monde des Terres Choisies. Puis j’ai testé plusieurs orthographes avant de me fixer sur celle-là. J’ai été très content de l’avoir trouvé… Jusqu’à ce que je me rende compte qu’il existait déjà. Ou à peu près. Il y a un cirque Archaos et, avec la même orthographe, un roman de Christiane Rochefort. Ce mot était-il gravé inconsciemment dans un coin de ma mémoire ou bien le hasard nous a-t-il menés sur les mêmes routes ? Lorsque j’ai trouvé ces similitudes, il était trop tard pour moi : mon titre était déjà trop ancré dans mon histoire pour en changer. Et puis ça incite à la modestie : en définitive, on n’invente pas grand-chose… Depuis j’ai acheté le livre de Christiane Rochefort, mais je n’ai toujours pas osé le lire…

Le choix des prénoms est-il important à vos yeux ? Doivent-ils refléter le personnage ? Comment les choisissez-vous ?

Oui ce choix est TRÈS important. Comme vous le dites, ils donnent la première idée que le lecteur se fait du personnage. Et moi qui vais devoir vivre avec lui pendant des mois, je ne peux imaginer ce qu’il est sans son nom. Alors, je me fais des listes, je feuillette des livres de prénoms avec leur étymologie, je traque sur internet, je regarde les personnages de théâtre, d’opéra. Pour les personnages des Terres Choisies, lorsque l’écriture était difficile, je me consacrais à dresser des listes de noms étranges, et, comme pour le titre, purement phonétiques, avec mille variantes. Et lorsque, au cours de l’histoire, un personnage surgissait, j’allais puiser dans ce vivier, pêchais un nom, triturais son orthographe (il serait plus juste de dire sa graphie, parce que j’ai conscience que le lecteur voit plus qu’il n’entend le nom des personnages lorsqu’il lit) jusqu’à ce que le nom me satisfasse.

D’où avez-vous puisé votre théorie développée dans le troisième tome ? A-t-elle toujours été en vous ?

Est-ce vraiment une théorie ? Un rêve ? Un espoir ? Une façon de comprendre l’importance des histoires dans notre vie ? D’une part, je me suis toujours dit qu’une personne ne meurt pas totalement lorsqu’elle a cessé de vivre, mais plutôt lorsque la dernière personne qui l’a connue meurt à son tour, ou lorsque son souvenir disparaît. D’autre part, lorsque je suis plongé dans un livre, un récit, un roman, comme nous tous, je fais cette expérience magique d’être plongé dans l’univers de l’auteur, avec ses personnages, dans ses décors, et le devenir de ces êtres de fiction, de ces rêves, m’importe souvent bien plus que le destin de la personne assise en face de moi dans le train, qui pourtant est, elle, bien réelle. Donc, ces histoires finissent par devenir une part de ma réalité, ou plutôt, lorsque j’ouvre un livre, j’ai la sensation (sans doute banale) d’ouvrir la porte d’un univers particulier, celui de l’auteur, de ses personnages… Et ce monde existe, vit dans le cerveau de ses différents lecteurs. Une sorte de réalité seconde, virtuelle, telle que le propose des jeux en ligne, des “Second life” sans technologie. Et tant qu’un lecteur en garde le souvenir, ce monde virtuel existe quelque part, dans une conscience, du moins. Je n’ai quasiment pas eu l’impression de devoir imaginer beaucoup plus pour donner à ces mondes rêvés une réalité… Puisque j’étais déjà dans un roman. Je ne dirai pas que cette théorie a toujours été en moi, ou de façon confuse, ressentie plus qu’exprimée. Ecrire, c’est parfois mettre des mots sur des impressions, des sentiments, des idées qui sont dans le flou.

Il y a-t-il un tome que vous avez préféré écrire ?

Je n’ai pas eu l’impression d’écrire plusieurs tomes, mais une seule histoire. Lorsque j’ai commencé, je me suis demandé si ce que je voulais raconter ferait même un livre. Et puis, petit à petit, au fur et à mesure de l’écriture, j’ai compris que ce serait un livre, puis un gros livre, puis, sans doute, plusieurs tomes. Au début, il y a le désir, l’enthousiasme, la curiosité. À la fin il y a la résolution de tout ce que l’on a mis en place : les personnages et les événements me portaient. Entre les deux, il y a tout : parfois le marais où l’on se sent enlisé, le labyrinthe où l’on se perd, la montagne qu’on pense ne jamais pouvoir gravir, la fatigue, le doute, puis à nouveau l’enthousiasme. Des scènes non prévues qui naissent sous les doigts (sur le clavier), des moments où l’on est le spectateur de l’histoire, des jours où l’on pense que tout cela ne vaut rien… Et puis, enfin, l’histoire est là, terminée. Il est difficile, après des mois de travail de la quitter, de laisser les personnages à leur destin, de tourner la page.

Avez-vous un personnage préféré ? Un passage préféré ?

Avec le recul, pas vraiment. Bien sûr, je suis attaché à Oonaa. Il le faut pour vivre avec elle pendant des mois, la suivre sur ses routes… Et puis il y a parfois un personnage secondaire même pas prévu qui apparaît pour les besoins de l’histoire, et qui semble sortir tout construit, avec sa complexité, qu’on regrette de devoir abandonner si vite. Mais comme disait Flaubert, “Madame Bovary, c’est moi”, je pourrais dire que “Tous les personnages, c’est moi”. Ecrire une histoire, c’est un peu comme jouer la comédie en jouant tous les personnages. Des passages préférés ? Peut-être ceux qui me reviennent le plus immédiatement en mémoire : la scène du conteur dans le tome 1, au début, celle où Oonaa rencontre une vieille pour un soir et celle-ci va mourir au matin, l’épisode dans le Morvan, l’histoire de l’apparition des personnages à la guerre de 14, la scène finale [SPOILER] mettez en surbrillance pour lire la suite —> avec la disparition de Oonaa…

Quels sont vos projets? Travaillez-vous à un nouveau roman ? Dans le même style 07740952-1adf-4996-9ea0-ecd8bdba3cc6-Auteur_JeanMichelPayetqu’Aerkaos?

Actuellement, oui. Moins gros que Ærkaos, et pas dans le même style (Mais pour l’instant c’est top secret !). Et puis je rencontre beaucoup de lecteurs dans le cadre du prix des incorruptibles (vous connaissez ?) pour “Mademoiselle Scaramouche”.

Vous avez choisi d’écrire une fin ouverte, mais avez-vous votre propre interprétation de la fin ? Pour ne pas spoiler je préfère utiliser des termes vagues : pour vous, après la fin ouverte, l’histoire se termine-t-elle bien ou mal ?

Difficile de répondre sans dévoiler l’histoire. Que ceux qui ne veulent pas connaître la fin ne lisent pas la suite de cette réponse. [SPOILERS] Pour lire la suite : mettez le texte en surbrillance à partir d’ici —> Oonaa est une chimère, une invention d’un personnage pour parvenir à ses fins. Ferdinand est tombé amoureux d’une image, d’un rêve. D’un personnage de fiction, comme un lecteur peut le devenir. Suite à la théorie des mondes explicitée précédemment, que peut-il faire pour la retrouver ? Inventer un monde à son tour où elle soit, et, peut-être aller la retrouver dans ce monde puisque l’on peut voyager de l’un à l’autre. Donc, il va écrire une histoire, l’histoire de Oonaa, et, lorsqu’il commence, on comprend que c’est celle que l’on vient de lire, l’ultime phrase du tome 3 étant la première phrase du tome 1. Il nous suffit en effet de reprendre le livre depuis la première page du premier tome pour voir revivre Oonaa sous nos yeux. Chaque lecteur a connu cette expérience de devoir quitter une histoire à regret, de devoir abandonner des personnages à leur destin. Il s’agit de la même chose ici, de reconnaître l’importance de la lecture et des mondes imaginaires dans nos vies. Alors difficile de dire si l’histoire se termine bien ou mal ; et même de dire si elle se termine réellement puisqu’elle peut être lue en boucle, indéfiniment…

 

Lire l’interview de Jean-Michel Payet sur son métier en général.

Interview de Jean-Michel Payet

Cette interview est la première que j’ai réalisé, elle date de 2011.

Jean-Michel Payet

auteur141Jean-Michel Payet est un artiste français, né le premier mai 1955 à Paris. Architecte-urbaniste de profession, c’est en 1990 qu’il commence l’illustration avec Enlevée par les Indiens (de Mary Jemison). Le succès de ses dessins l’amènera à narrer au crayon à papier bien d’autres histoires (28 à son actif). Six ans plus tard, l’illustrateur publie sa propre série Le Secret de Johnny T. sous le nom de Jim Paillette où il réalise dessins et textes. Puis, gagné par la fièvre de l’écriture, l’auteur a mis de coté le dessin et son pseudonyme pour mieux se consacrer à ses romans (en parallèle avec son métier d’origine). Et c’est ainsi qu’ont pu naître entre autres Question Pour un crapaud (son premier ouvrage), Mademoiselle Scaramouche (sélectionné pour le prix des Incorruptibles 2011-2012) et la trilogie Aerkaos à laquelle nous nous sommes intéressés dans cette interview…

En règle générale, quel style de lecture aimez-vous ?

Paf ! Vous commencez par une question difficile! Eh bien, je suis un éclectique qui fluctue selon l’humeur, un boulimique qui accumule des PAL, un névrotique qui hante les librairies… Il existe tant de lectures différentes. Il y a les découvertes d’un auteur ou bien il y a des choses inattendues trouvées chez un bouquiniste, ou encore -suite à un reportage ou un film- il y a le document ou le roman d’origine à explorer etc… Alors, en vrac, je lis des romans : jeunesse (plutôt ado) et surtout pour mon plaisir et non “pour me tenir au courant” ; je lis des romans actuels (pas les jeunesses, donc les vieillesses…) ; je lis de la BD (un peu moins depuis quelques temps) et puis des docs pour alimenter les livres sur lesquels je travaille, notamment lorsqu’ils se déroulent dans une époque précise comme Mademoiselle Scaramouche par exemple. Est-ce que j’ai eu des périodes polar, SF, contes? Oui et de temps en temps des périodes biographies (mais, en général, il s’agit de bios d’écrivains); et puis aussi, des périodes de livres sur la ville et l’architecture, mais ça, c’est une autre histoire…

Quels sont vos livres de chevet?

Sur ce qui me sert de table de chevet, il y a (depuis un certain temps d’ailleurs) la traduction des Mille et une nuits par par Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel ; dans mon atelier, il y a la traduction de Antoine Galland (la première) et ailleurs dans la maison, il y a celle de René Khawam. Ai-je un livre de chevet ? Un livre que l’on veut consulter régulièrement, auquel on revient, le soir avant de basculer dans les rêves ? Ma table de chevet est banalement une succursale de ma PAL, de mes livres en cours, de ceux que j’ai abandonnés. De temps à autre, lorsque la pile menace le réveil et atteint l’ampoule, je dois l’alléger. Les livres partent vers les rayonnages, mais les Mille et une nuits restent.

Quels sont vos auteurs préférés?

Etablir un palmarès, un bestof, la golden liste etc…? Difficile pour un gourmand! Il faudrait que je réponde par secteurs, par genres, et encore… Et puis ce que je dis aujourd’hui changera demain, c’est certain. Mais, bon, essayons. Je me donne comme contrainte (impossible !) de ne citer qu’un nom par genre, le premier qui me vient en tête. Cela me donnera l’occasion de me dire ensuite : “Ah! J’aurais dû citer untel et unetelle!”, d’avoir des regrets et des insomnies… Polar : Dennis Lehane, BD : Franquin, Poésie : Baudelaire (C’est dur, dur de trier, d’écarter !), Dialoguiste : Audiard, Roman : Giono (À chaque mot que j’écris je ne vois pas ceux que je cite mais tous ceux que j’écarte !!!), Jeunesse : Non, là, c’est trop difficile pour moi. Je jette l’éponge.

Avez-vous un modèle ? Des auteurs vous ont-ils inspiré ? Vous ont-ils influencé ?

Tous ceux que j’ai appréciés m’ont certainement influencé. Il y a ceux dont je me dis : “J’aurais aimé écrire cela” ou : “ Je suis bien incapable d’écrire cela” ou “Pourquoi n’ai-je pas eu l’idée d’écrire cela ?” Et parfois, oui, il y a une émotion, un mot, une tournure, une musique, un rythme que j’envie, qui me trotte dans l’oreille… Je m’en méfie et je me dis « Surtout, ne pas refaire ce qui a été fait, faire mieux ». Cependant, on s’inspire toujours de quelque-chose. Par exemple, lorsque j’ai écrit Mademoiselle Scaramouche, j’avais en tête les livres : Les Trois mousquetaires et Le Bossu, et des films, aussi comme Le Scaramouche de Georges Sydney, et Les Contrebandiers de Moonfleet, etc… Ce sont eux qui m’ont permis de me plonger dans l’époque mieux que les livres d’histoire que j’ai dû étudier pour être à peu près exact. Je voulais offrir aux lecteurs le même type d’émotion que celles que j’avais alors ressenties en découvrant les œuvres citées plus haut, mais, attention : « Surtout faire autre chose ! »

Parlez-nous de l’écriture, que représente t-elle pour vous ? Comment la décrivez-vous ? Quelle place prend-elle dans votre vie ?

Ecrire, c’est tous les jours. Pas forcément devant un clavier, sur une feuille. C’est en marchant, en conduisant. C’est le livre en projet, le texte sur lequel je transpire, celui que je corrige. C’est faire comprendre à sa femme que lorsque l’on est allongé sur un canapé les yeux fermés on est en train de travailler.

C’est l’enthousiasme qui vous prend à l’estomac, quand on se dit : “C’est ça !”. C’est aussi tous les moments où l’on se dit : “Pourquoi ? Comment ? Je n’y arriverai pas.” C’est vouloir travailler parce que les idées sont là, et c’est aussi vouloir travailler parce qu’elles ne viennent pas et qu’il faut les forcer. C’est parcourir avec gourmandise un dictionnaire de synonymes. C’est se faire surprendre par un personnage, c’est voir l’histoire partir dans un sens imprévu, être spectateur de quelque chose qui se déroule sous nos yeux et dans notre tête à la fois. C’est vivre plusieurs vies en même temps. C’est vivre en 1672 et en 2065 et même un peu en 2011. Ecrire, c’est traquer l’émotion.

Est-ce l’illustration qui vous a poussé à l’écriture ? Est-ce le milieu de l’édition et du livre qui vous a en quelque sorte contaminé ?

Mes dessins ont toujours été « narratifs ». Même les premiers travaux que je faisais (antérieurement à toute publication) étaient des dessins qui racontaient quelque chose. Une sorte de narration silencieuse, et un peu mystérieuse. Puis, suite à une exposition, je me suis rendu compte, sans aucune ambiguïté, que tout ce travail me menait vers la publication. Alors, pendant des années, j’ai illustré. Je réalisais des dessins qui racontaient les histoires des autres, tout en m’intéressant au mystère de l’écriture (je voyais l’écriture comme un monde étrange où je n’avais aucune légitimité à m’aventurer mais qui, cependant me fascinait. Je prenais des notes, remplissais des carnets d’idées, de bouts de textes, mais cela restait dans un coin de mes étagères…). Et puis, un jour, un éditeur m’a dit : “Je ne choisis pas des illustrateurs pour les mettre sur des textes, mais des auteurs qui ont des projets”. C’était exactement ce que je voulais entendre sans en être pleinement conscient. Je suis revenu quelques semaines plus tard avec un projet qui a donné lieu à une série de livres où j’assurais dessins et scénario. Le pli était pris, ou plutôt, le seuil était franchi. Et puis j’ai voulu raconter plus, traiter des projets plus ambitieux, et donc plus long, impossible, pour moi à traiter en dessin et en texte. J’avais d’un coup un sentiment accru de liberté en écrivant sans avoir à me soucier du dessin.

Avez-vous une passion qui prime sur l’écriture, secondaire ou parallèle à l’écriture ?

Réponse un peu bateau, mais je n’en vois pas d’autre : Oui, la vie. Et je la retrouve pleinement dans l’écriture, puisque, en définitive, elle est faite de ça.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire la première fois ? Et qu’avez-vous écrit ? Votre premier roman ou une autre histoire non éditée?

Vers 16/17 ans, j’écrivais de la poésie avec passion. Puis, certains textes sont devenus des embryons d’histoire. En parallèle, je dessinais et le dessin a pris le pas pendant un temps, mais laissant toujours de la place à la lecture, lecture qui m’amenait à me poser des questions sur l’écriture, sur la construction d’une histoire et sur toutes ces choses qui me paraissaient mystérieuses et que l’on n’enseigne pas. Il n’y a donc pas une première fois, un déclic, une révélation. Ces questions m’ont accompagné du dessin à la BD (où j’ai fait mes scénarios) et de la BD au texte ; le passage s’est fait presque par évidence, et peut-être par jeu ? Mais aussi par nécessité. Mon premier texte est paru dans un magazine (il ne mérite pas d’être repris en livre). Ensuite, j’ai eu quelques refus, ce qui n’est pas agréable mais utile. Mon second texte était trop long pour la même revue et il a été pris aussitôt en livre. Après, les publications se sont enchaînées.

Qu’aimeriez-vous qu’un lecteur vous dise à propos de votre roman?

Des choses toutes simples et sans doute banales :

  • J’ai adoré !
  • Je n’ai pas pu m’empêcher de tourner les pages.
  • J’ai retardé la fin de la lecture de peur de ne plus en avoir, et de devoir quitter les personnages.
  • Pendant la lecture, j’ai tout oublié.
  • Je ne serai plus le (la) même après cette lecture.
  • J’ai envie de découvrir d’autres livres sur le même sujet. • C’est décidé, je serai comédien (ou escrimeur, ou…, ou …)
  • Vos trois cent pages, c’est beaucoup trop court !

Lisez-vous lorsque vous êtes en période d’écriture ? Si oui, vers quel genre vousP1010983 tournez-vous ? Qu’est-ce que cela vous apporte?

Oui, je lis en période d’écriture. Parce que l’écriture d’un roman est pour moi trop longue pour me priver de lecture pendant tout ce temps. Il y a plusieurs phases : il peut y avoir des lectures liées au projet de roman, il y a les recherches documentaires diverses etc. et il y a le moment où je commence (et là, la lecture peut être perturbante). Il faut être cloisonné. J’aime savoir ce qui a été écrit de proche, ou sur le même sujet, mais j’ai ensuite un rapport compliqué avec ces textes : les lire et m’en sentir influencé ? Ou les fuir ? Une fois que l’écriture est lancée, en général, je n’ai plus de problème. Le roman est un monde à part entière, je peux y entrer ou en sortir à ma guise (la plupart du temps), et donc je suis libre de lire ce que je veux. Cela étant, je suis toujours plus ou moins en état d’écriture, plus ou moins active, avec des projets plus ou moins précis, et donc tout ce que je vois, j’entends ou je lis vient nourrir mon projet.

 

Lire l’interview de Jean-Michel Payet à propos de son ouvrage : Aerkaos.

Les Chroniques d’un esprit vagabond, Tome 3 Le Temps de Dieu – Luc Van lerberghe

Chroniques d’un Esprit Vagabond
T3 Le Temps de Dieu

Luc Van Lerberghe

Arthamios T3Malgré les consignes sanitaires drastiques, le fléau gagne l’ensemble des terres connues. Heter n’est plus… mais Heter demeure !
Marionnettiste de génie, que peut devenir Amania sous son influence ?
Quant à Arthamios, il doit tout reconquérir : du cœur de Jydyne à la confiance de ses amis. Il lui faudra évoluer et devenir enfin un véritable guide, car devant eux se dresse celle qui fut autrefois lumineuse, avant d’être gagnée par les ombres de ses noires obsessions…
Ce dernier opus de la trilogie des Chroniques d’un Esprit Vagabond vous conduira vers les contrées les plus lointaines… à la découverte des plus grands secrets des Terres Connues et du destin des protagonistes de cette formidable épopée.

OOO Ce dernier tome de la série comporte le résumé du tome précédent mais également le résumé du premier tome. Ceux-ci sont mieux structurés que dans les tomes précédent puisqu’ils sont plus long et comportent des sous-titres. J’ai beaucoup apprécié cette petite amélioration, ce perfectionnement du résumé est le petit plus de cette saga. Comme j’avais lu les tome 1 et 2 il y a plusieurs mois cela m’a permis de presque tout me rappeler, et je me suis par ailleurs faite la réflexion qu’il se passe énormément de choses dans un seul roman.
OOO La couverture de ce dernier tome est soignée et détaillée, en revanche j’ai trouvé que le titre « Le Temps de Dieu » ne donnait pas très envie de lire le livre.

OOO L’action reprend directement là où on l’a laissé : après que Rachel ait battu Heter dans le corps d’Arthamios et que Jydyne l’ait subtilisé pour s’enfuir avec sur le dos d’Achille afin de tenter de le sauver. Etant donné le fait qu’il n’y a aucun laps de temps entre le tome 2 et 3, il doit être bien plus agréable de les lire à la suite.
OOO Le roman commence donc par l’arrivée de l’armée de la coalition qui vient à la rescousse de Rachel venant de terminer son combat avec Heter, mais toujours aux prises avec les dragoles. Brisée, la raison de la mère des magies cède à la haine et Rachel dévaste tout autour d’elle : ennemis comme amis, elle détruit toute vie autour d’elle. Icarios et Rahauric sont les seuls rescapés, et ils s’enfuit immédiatement dans la forêt.
Ils décident ensuite que Rahauric doit retrouver Jydyne et Arthamios, tandis qu’Icarios de charge d’aller rendre compte de la situation aux combattants resté à Eldoraïane.
OOO De son côté Jydyne dépose Arthamios près de la termitière où son âme a trouvé refuge ; Dodoqui et Cymane s’échine pour le sauver mais l’aide vient d’un autre ami précieux du jeune homme. Enfin sauf, Arthamios reste en mauvais état et se rétablira du mieux qu’il peut chez Cymane (toujours accompagné de Jydyne et Achille bien sûr).
Amania se réveille de son coma et écoute la voix qui lui parle et la guide… elle prend rapidement le pouvoir de la capitale humaine, prônant le pouvoir de son Dieu que tous doivent à présent vénérer.

OOO Tous les protagonistes de retrouvent confronté à plusieurs dangers encore plus importants qu’au second tome : le fléau, la folie de Rachel, la prise de pouvoir d’Amania. La situations est extrêmement complexe et les personnages tellement nombreux qu’on en vient à se demander comment ils vont faire pour démêler cet imbroglio d’embûches.
Rachel devient ce contre quoi elle tentait de lutter : elle se décorpore et altère les courants magiques ; en conséquence Arthamios n’est en sécurité nulle part et doit pourtant retrouver le laboratoire de Salarios afin d’éradiquer le fléau.

OOO À la moitié du roman, un bouleversement s’opère (dû a une certaine rencontre) et c’est une révélation sur la nature du monde qui attend le lecteur. On voit là que l’auteur avait pensé à tout dès le début, on trouve les réponses à nos questions.
On a également droit à une très belle histoire d’amitié ; bien que le schémas soit répétitif, personnellement j’adore ce genre d’association.

OOO En revanche après la moitié du roman j’ai réellement saturée du trop plein d’information. J’ai eu beaucoup de mal à le terminer. La conclusion de tous les événements est intéressante mais la résolution est vraiment longue.
Enfin, j’ai été extrêmement déçue par la fin concernant Achille. [SPOILE] Arthamios ne montre absolument aucune émotion concernant leur séparation. Je suis d’autant plus furieuse que le pauvre animal fait tout pour les héros et leur sauve la vie un nombre incalculable de fois ; et c’est comme ça qu’il est remercié ? Même pas regretté ? Et comme si ça suffisait pas l’auteur le mutile carrément à la fin du roman. Je suis juste ÉCŒURÉE par cette cruauté ! J’ai fini par détester Arthamios autant qu’Amania.

OOO Bref, c’est pour moi une déception amère, je ne sais pas si j’avais jamais été autant déçue de la fin d’une saga que j’appréciait pourtant assez au départ.

Fiche Livraddict :
logo_livraddictEditions : Le Héron d’Argent
Prix : 18€50

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